Parler de la mort ou se taire
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires le 3 août 2016 nicole@gfournier.com Il se peut que vous soyez de ceux qui pensez qu’il est osé d’écrire sur «la mort», parce que c’est loin d’être joyeux et encore moins divertissant. Et bien non, il faut en parler considérant qu’avec les années, ce sujet a été banni des conversations du quotidien. C’est vrai que la mort n’a rien de bien intéressant. On a comme un blocage quand vient le temps de traiter ce mot de notre vocabulaire. Pourtant la mort est l’une des plus grandes expériences de nos vies mise à part la naissance et ce, même si elle en marque la fin. Autrefois, les familles étaient grandes et nombreuses par rapport à aujourd’hui et le savoir de la médecine étant moins développé, les individus bénéficiaient pour beaucoup d’entre eux d’une faible espérance de vie, et la mort était omniprésente. D’ailleurs, plusieurs personnes dès leur jeune âge ont eu à la rencontrer à plusieurs reprises. De nos jours, l’espérance de vie des individus s’est beaucoup allongée, la médecine moderne y étant pour beaucoup. Toutefois on dirait que la société est devenue amnésique et que les individus organisent leur vie de telle sorte que leur conscience ne puisse pas avoir le temps de penser à la mort. Notre société refuse la mort, elle ne veut pas la voir, elle ne veut pas en parler parce que la mort est dérangeante. On veut se débarrasser d’elle le plus vite possible pour faire comme si elle n’existait pas, comme si de cette façon on enjambait l’événement en se disant: «ça va faire moins mal». On ne supporte plus maintenant d’avoir à accepter toutes les étapes reliées à la mort et au deuil qui s’en suit. La religion a véhiculé fort longtemps les rituels à travers les temps, et c’est cette même religion de nos jours qui est mise de côté dans une certaine mesure. On tasse trop souvent du revers de la main les rituels qui sont pourtant les acteurs principaux du scénario qui nous portent vers la guérison suite à ce passage obligé. C’est ainsi que notre société cotise à l’érosion des rituels funéraires en affaiblissant notre capacité à accepter l’insupportable. Il n’en reste pas moins que l’on appréhende tous la fatalité de la mort qui viendra un jour ou l’autre nous surprendre nous-même ou saisir l’un de nos proches, mais on préfère l’ignorer pour ne pas penser à la brutalité des adieux qui y est associée. Et c’est en faisant une brève analyse du sujet que l’on se rend compte, que c’est au moment où la mort nous rattrape, où l’on voit devant soi le corridor de ce passage obligé, que l’on vient un tant soit peu à l’accueillir dans notre vie, à l’apprivoiser et à vouloir en parler. Mais il est important que notre conscience s’éveille, pour que l’on en vienne à accepter de parler de la mort, qu’on se prépare davantage à la vivre; c’est ainsi que l’on se rappellera que l’on est en vie et qu’elle est belle cette vie. Il est important de ne pas se taire et d’attendre que la mort ne vienne se coller à nous et nous faire regretter enfin de ne pas avoir suffisamment vécu. Faudrait-t-il donc réapprendre à accepter notre limite sur cette terre et la rupture qu’impose la mort, et peut-être commencer à penser et à vivre autrement ? INFOS En référence à l’article 5.4.3 du document du Bureau de normalisation du Québec (BNQ 9700-699), saviez-vous qu’une entreprise certifiée en services funéraires doit se doter d’une procédure écrite qui porte sur la confidentialité. Cette procédure doit respecter la Loi sur la protection des renseignements dans le secteur privé
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