Hommage à Mme Thérèse DUBÉ et M. Auguste RUEST
Textes «hommage à madame Thérèse Dubé et à son époux monsieur Auguste Ruest», lu en l'église d'Amqui, le samedi 7 octobre 2017, jour de la célébration commémorative. Par leur fille Jacinthe et leur fils Claude Je suis assise à la fenêtre. il fait sombre, nous ne pourrons pas sortir dehors. Demain, c'est l'Action de grâce, tous mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants seront là. Comme à chaque année, ce sera notre Noël de famille. Ce sera une belle fête! Lorsque par un beau jour d'été, je suis allée à Causapscal, chez ma cousine Denise, j'étais loin de me douter que je rencontrerais l'homme de ma vie, le père de mes enfants. Et voici en quelques mots, mon histoire d'amour avec Auguste ... Ma vie, mes défis pour Papa et l'histoire de ma vie pour maman... Cela traduit bien leur 73 ans de vie commune. Nous avons fêté cet été les noces de Fonte de Papa et Maman. N'essayez pas de l'égratigner, de le tordre, de le casser, c'est de la Fonte, tout comme la force du mariage qui unit nos parents. Commençons tout d'abord par le début: La définition du prénom de papa: Auguste en impose par son énergie, sa volonté, son contrôle de soi. Digne de respect dit-on; un homme de famille. Du côté de maman, la définition du prénom Thérèse: émotive et affective. Le sentiment prend une grande place dans son existence, au point qu'elle vit plus souvent pour les autres que pour elle. Je ne sais pas si lorsque l'on choisit un prénom, c'est le prénom qui s'adapte à nous ou si c'est nous qui s'adaptons au prénom. En tout cas, pour eux, leur prénom répond bien à leur personnalité. Papa, originaire de Saint-Anaclet, l'aîné d'une famille de 8 enfants, commence en tant que bûcheron à l'âge de 14 ans. Maman, originaire de Causapscal, l'aînée d'une famille de 5 enfants, commence comme maîtresse d'école dès l'âge de 15 ans. Ils se rencontrent quand les moutons de Jos Boucher se sont échappés, il fallait bien inventer une raison et quoi de mieux que des moutons. Tout finit par une basse messe à Sainte-Florence, le 26 juillet 1944. Les nouveaux mariés s'installent sur une petite ferme sur le chemin Kempt à Causapscal. L'hiver, papa part pour les chantiers et maman va attendre le printemps chez ses parents à Matapédia. Après la naissance des trois premiers, Gaëtan, Ghislain et Diane, maman convainc papa de construire un Restaurant à Matapédia. Ils sont enfin ensemble pour la naissance d'Yvon. Matapédia, un beau petit village qui signifie jonction des rivières, ce n'est pas peu dire, on dirait que la jonction se fait dans le sous-sol du restaurant; 4 inondations en 5 ans, papa en a assez, on plie bagage et pourquoi pas Amqui. Le Café Ruest ouvre ses portes en 1952 à Amqui. Sylvie est la première à naître dans cette maison. Ensuite, viendra la petite Marielle qui nous quitta rapidement. La première TV noir et blanc, le premier poulet sur broche BBQ, papa n'est pas seulement un entrepreneur mais c'est tout un visionnaire. En parlant de vision, c'est en 1957 que papa décide avec un ami de partir la Laiterie de Choix. La demande de permis coïncide avec l'arrivée de Jacinthe, ce qui donne lieu à quelques confusions. À l'église, l'heureux papa, préoccupé par son nouveau projet, a oublié le nom de sa fille. Les débuts de la Laiterie sont loin d'être faciles. Heureusement que papa peut compter sur son frère Fernand comme premier livreur de lait à Amqui. À sa naissance, Marco connaît aussi des débuts difficiles. Sa santé cause bien des soucis à maman, déjà épuisée par le restaurant, resté ouvert pour assurer un revenu stable à la famille. En 1965, maman est enceinte, elle n'en croît pas ses yeux, mais oui, le petit dernier arrive et c'est moi vous l'avez deviné. Mais quelques jours avant ma naissance, papa met la clé dans la porte du restaurant. En 1982, le mot famille prend tout son sens lorsqu'Yvon décède subitement dans un tragique accident. En 1983, notre maison aux mille transformations, gardienne de nos souvenirs d'enfance, passe au feu. Nous y avons laissé une partie de nous, mais nous avons conservé l'essentiel, notre coeur et personne n'y a laissé sa vie. Le 28 septembre 1998, maman suite à un AVC demeure paralysée. Courageusement, elle réapprend à vivre. Et papa, avec tous ses talents d'ingénieur amateur, transforme la maison pour sa bien-aimée. Ils vivront heureux jusqu'à tout récemment. Durant cette dernière année, papa et maman ont résidé ensemble, dans la même chambre au Centre d'hébergement Marie-Anne-Ouellet et c'est là qu'ils ont vécu leurs derniers moments. L'histoire de la vie de papa et maman démontre que l'amour permet de passer à travers toutes les épreuves et que rien n'est inaccessible. Papa et maman, grand-papa et grand-maman, arrière-grand-papa et arrière-grand-maman, on vous aime et on vous souhaite, Bon voyage ! Par leurs petites-filles Catherine et Camille Vous l’aurez deviné, avoir une Grand-Maman Thérèse, un Grand-Papa Auguste, ce n’est pas une expérience ordinaire et avant de leur dire au revoir, nous aimerions partager avec vous qu’est-ce qu’ils représentent pour nous. Notre grand-maman, on s’en rappellera comme une grande cueilleuse de framboises. C’est qu’elle connaissait le genre de petit secret qui se transmet de mère en fille, sur qui mettait les fruits là et qui voulait qu’on les cueille. Notre grand-papa lui, c’était le pro de la pêche. C’est lui qui a amené ses petits-enfants pêcher leur première truite, leur a montré comment faire disparaître un trop plein de truites dans leurs bottes et comment les faire apparaître quand ça mordait pas. Il nous a aussi appris le cycle de la vie au bout de son ruisseau décoré de maisons en avant de son terrain. L’été, on nourrissait les petites truites qui se trouvaient sous le grillage. À Noël, on les rencontrait en personne, sur des canapés. Notre grand-maman, c’était une grande lectrice. À ma suggestion, elle a même lu Harry Potter! C’était aussi une écrivaine, donc les pattes de mouche ont donné du fil à retordre à sa petite-fille qui a tout retranscrit ses mémoires à l’ordi! Reconnue autrefois pour ses imbattables dominos, elle est ensuite devenue imbattable au Skip-Bo. C’est aussi chez-elle qu’on a appris à jouer aux poches. Si on pouvait compter sur Grand-Maman Thérèse pour appuyer tous nos dires d’un éternel et optimiste « Bin oui ! », elle savait aussi nous surprendre avec de petites phrases remplies de vérité. Ma préférée : « C’est pas parce que ça te fait peur que ça doit t’empêcher de le faire. » Celle qui me fait le plus peur, sa récente commande pour que je lui fasse 6 arrières-petits-enfants. C’est qu’elle les aimait beaucoup, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Je me rappelle quand j’étais petite et qu’elle m’apprenait, en me coiffant, entre 2 gorgées de soupe, à réciter le nom de tous ses enfants, présents comme disparus. Et comment elle m’a appris à prier pour protéger ceux qu’on aime. Avec les années, les choses ont changé, mais Grand-Maman Thérèse a su s’adapter pour garder contact avec sa famille, et c’est comme ça qu’elle a fait partie de notre quotidien depuis plusieurs années à travers son ipad. Grand-Papa Auguste, lui, pour notre rejoindre, nous a démontré toute son ouverture d’esprit. Grâce à Julie et Julie, nous savons maintenant que nous pouvons amener n’importe quel partenaire au party de Noël. Il s’est aussi servi de sa créativité débordante pour nous toucher. C’est comme ça qu’il a construit à sa petite-fille une réplique de sa maison en maison de poupée. Sa créativité était aussi à son meilleur pour occuper la nuit de la St-Jean de son petit fils de 18 ans. Et apprendre qu’un toyota corolla ça peut rouler vite quand ton grand père te talonne sur la route. À tout éclair au volant de son motorisé, il nous amenait au Lac Angus. La légende dit que son attitude de cowboy a inspiré sa petite-fille à coincer son 4 roues entre 2 arbres. Grand-Papa il savait profiter des petits plaisirs de la vie. Chez Grand-Papa, il ne manquait jamais de gâteau, ni de crème glacée. Par contre, le miel disparaissait parfois mystérieusement. Et pour Juliette le chien, elle pouvait toujours compter sur Grand-Papa pour avoir une kiss ou même une assiette complète de cipaille. Autrefois bûcheron téméraire, il nous a appris toutes sortes de savoirs forestiers, dont comment « faire un tiguidou ». Il s’est par la suite recyclé en jardinier attentionné à ses petites tomates qu’il adorait partager. Nos grands-parents, c’est des gens immensément grands. Tellement grands qu’on aura jamais fini de les découvrir, avec leur vie bien remplie d’enfants, d’entreprises, de voyages et surtout, d’amour. En les regardant de nos vies encore courtes, on ne peut pas encore deviner toute la force, le courage, la tenacité et le travail qui se cache derrière ces 2 personnes. Partir au ciel au bras de sa douce moitié après 73 ans de mariage, pour aller se reposer sereinement après une vie bien remplie, c’est d’une grandeur qui dépassera notre entendement pour encore bien des années. Grand-maman, Grand-papa, vous nous avez tellement marqués, on vous portera en nous pour toujours à travers toutes les leçons de vie que vous nous avez enseignées et on continuera de semer l’amour que vous nous avez donné.
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