Hommage à madame Thérèse Bouchard, lu en l'église de Causapscal, le vendredi 27 mai 2016, jour de la célébration commémorative.
Maman,
Comment te rendre hommage, un hommage digne de toi? Digne de l’amour que tu as su dispenser si généreusement? Digne de tout le travail, le courage, la persévérance et la patience que tu as eus pour nous.
Avec ton sens de l’organisation, ton intelligence, ta motivation et ton esprit d’équipe, si tu avais été chef d’entreprise, les dragons se seraient battus entre eux pour investir en toi!
Wow! Félicitations Papa! Quel homme visionnaire tu as été! Maman, permets-nous de regarder quelques instants en arrière pour nous remémorer l’épouse, la maman, la femme exceptionnelle que tu as été.
Pour toi, il n'y avait qu'une seule direction et c'était droit devant. Tu disais, « Moi, je ne regarde pas en arrière, le passé, on peut pas le changer, mais l’avenir, oui! »
Maman, tu as été un modèle rare, de force, de courage et de joie de vivre. Évoluant dans un milieu rustique, maman a été une femme très ingénieuse maximisant toutes les ressources disponibles. Elle faisait des merveilles avec seulement, "le strict nécessaire", comme elle le disait. Il est difficile aujourd’hui d’imaginer toute l’habilité et le talent qu’il fallait à l’époque, mais, avec papa, elle a su mener sa barque de main de maître conduisant à bon port, une famille de 13 moussaillons ! Il est certain que tes jours et tes nuits étaient bien remplies; pas besoin de réseaux sociaux!
Peut-on imaginer la quantité de pain et de pâtisseries que tu as pu faire quand on sait que tu utilisais 100 livres de farine tous les 15 jours et que, tu cuisais une quinzaine de pains aux trois jours!? Et que dire du grand congélateur qui débordait de tant de savoureuses victuailles que tu avais cuisinées avec un évident savoir-faire et beaucoup d’amour? Des réserves, il en fallait et il y en avait pour recevoir la parenté ou tes
enfants quand ils revenaient en visite! Maman, c’était ta façon de nous démontrer ton amour…. Une maison propre et accueillante où tu faisais de la place pour chacun de nous. Tu veillais à ce qu’on ne
manque de rien, qu’on s’amuse et qu’on rit. Ta porte était toujours ouverte et tu veillais à notre bonheur. Tu nous as appris l’amour du travail et du dépassement, tout ça avec une telle joie de vivre. Nous t’entendions siffler et chanter en effectuant tes tâches quotidiennes répandant le bonheur dans notre maison et c’était contagieux.
Tu étais de mille métiers, ajoutant à tes tâches les travaux de la ferme lorsque les enfants étaient trop jeunes et que papa travaillait dans les chantiers. Tu étais une force de la nature, et tu aurais pu, tout comme ton frère Antonin, être une centenaire. Certes, comme tout le monde, tu as eu toi aussi des petits et de plus grands bobos, mais on ne t’entendait jamais te plaindre. Le travail ne te faisait pas peur.
Je crois que, dans les mots croisés, le seul que tu n’aies jamais trouvé est le mot « paresse ». Mais non! Maman se reposait parfois elle aussi! Il faut dire que, pour maman, le repos avait un sens particulier. Se reposer c'était… s'asseoir pour coudre, regarder la télévision en tricotant des centaines de paires de
mitaines et de pantoufles, faire du sucre à la crème le dimanche après-midi ou même cuisiner tard dans la nuit pour préparer les pâtisseries de Noël. Bien sûr! C’est bien plus tranquille et moins fatiguant lorsque les enfants sont couchés! Tout le monde sait ça!
Se reposer les soirs d'été, c’était sarcler le jardin, arroser ses fleurs (c'était son moment) et, parfois, prendre l'air dans la balançoire en ne faisant « rien »…rien d’autre que de chanter et respirer l’air frais!
Maman était une personne discrète, peu volubile, mais affirmative. Dès notre plus tendre enfance, lors des visites du dimanche après-midi, on pouvait observer la complicité que maman avait avec ses soeurs et ses belles-soeurs, échangeant entre elles leur vécu de mères et sûrement quelques petits secrets. De notre côté, nous avions tellement de plaisir avec nos cousins, cousines et nos voisins. Dans les années 70, lorsque le nid s’est un peu allégé, (il ne restait seulement que quatre enfants à la maison), Maman a commencé à s’impliquer au niveau social en faisant partie de l’AFÉAS. Elle en est d’ailleurs devenue la présidente pendant quelques années. Au sein de l’AFÉAS, elle a mené plusieurs combats en lien avec l’éducation et l’action sociale en plus de partager différents trucs en matière d’artisanat. Auprès de ses collaboratrices, elle a su communiquer son positivisme et sa joie de vivre se faisant apprécier de toutes.
Après avoir vécu 55 ans sur sa ferme à Causapscal, vint une étape importante pour nos parents. Le souhait exprimé par papa depuis quelques années était celui d’aller vivre auprès de ses filles, donc de s’installer à Québec.
Nos parents ont démontré beaucoup de résilience, car ce ne fut pas facile de quitter ce qu’ils avaient bâti, mais surtout, de s’éloigner de tous les êtres chers qu’ils avaient connus au fil des années passées dans la région de Causapscal. Tous ces gens…. autant famille qu’amis qu’ils allaient quitter et, pour certains, qu’ils n’allaient plus revoir.
À Québec, pendant plus de 13 ans, maman a continué ses habitudes de cuisine, de jardinage en plus de participer aux différentes activités de sa nouvelle communauté, faisant partie de la chorale, s’impliquant socialement à différents niveaux. Elle s’y est fait très vite des ami(e)s! Qui ne voulait pas connaître et se lier à cette femme souriante, dévouée, pleine de vitalité et qui respirait le bonheur? Maman, tu nous as enseigné l’art de trouver le bonheur dans les petites choses du quotidien. Par ta vie, ton exemple, tu nous as enseigné comment avancer sur notre chemin, droit devant, dans la joie, le sourire aux lèvres et en chantant!
Maman, tu n’es pas partie, tu vivras toujours, avec nous, en nous! Merci pour tout ce que tu as fait pour nous!
Tes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.
Nous t'aimons tous profondément!
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