Hommage à madame Augusta Lapointe, écrit et lu par sa soeur Bérangère, à la Maison commémorative familiale Fournier, le vendredi 8 mars 2016.
Quand Lorraine m'a demandé d'écrire un hommage pour sa mère, j'ai paniqué. Puis, je me suis souvenue de toutes les fois qu'Augusta a pris sa plume pour rendre hommage à ceux qui l'ont précédée. De ses sœurs, il ne reste que moi à qui, elle ne pourra rendre hommage.
Je me souviens de peu de chose de notre vie ensemble, comme sœur... puisque j'avais deux ans et demi quand elle s'est mariée. Je me souviens du mariage, où j'ai vu danser la mariée. Dans sa longue robe blanche elle était très belle.
Puis un peu plus tard, comme je m’ennuyais et elle aussi sans doute, elle m'a emmenée chez-elle. C'était bien beau et nouveau, mais le soir je pleurais pour voir maman. Alors Augusta avec toute sa détermination m'a dit : « si tu penses que je vais ateler le cheval pour aller te reconduire, tu te couches et tu dors ». Finie la discussion, je me suis couchée.
Durant les vacances d'été, j'allais parfois pour garder pendant les foins. Je me souviens de la petite Denise que je berçais et elle pleurait les lèvres toutes bleues. J'avais huit ans. Dans le temps, on grandissait vite.
Durant de longues années.... Augusta a vécu en silence.
Toujours occupée dans son foyer ou sur la ferme, elle conservait tout ce qu'elle vivait dans son cœur. Et elle en vivait des choses, une famille nombreuse, la pauvreté, la maladie, la perte d'une enfant, les déceptions dans un couple amoureux, mais qui a vécu des jours difficiles, comme tous les couples sans doute... Elle devait de plus travailler jour et nuit pour joindre les deux bouts. Jamais de vacances.... Mariée à dix-huit ans. Mère à dix-neuf ans et par la suite tous les ans, ou presque. Treize enfants.
(Une douzaine de treize) comme elle disait, puisque la petite Denise a quitté à un an. Deux de ses enfants l’ont précédée. Quelle douleur pour une mère.... Les onze autres sont ici pour faire la haie d'honneur et témoigner de l'amour qu'elle a semé.
Belle semence qui a trouvé des racines aussi et qui a porté fruits jusqu'à la quatrième génération. Quelle belle réussite d'une mission de vie! Elle conservait tout en son cœur, en silence et par amour.
J'ai beau me répéter qu'elle a eu une longue vie tellement remplie, avec lucidité et autonomie jusqu'au bout, comme elle le voulait et qu’elle mérite de se reposer maintenant.... Mais elle ne sera plus jamais là, pour nous accueillir avec tout son cœur plein d'amour et de bonté. Pour écouter et donner de sages conseils, pour rire avec nous, pour nous regarder avec tendresse. Elle nous manque déjà.
Ma grande sœur n'est plus. Du moins, elle n'est plus présente de la même façon. Car une personne chère ne nous quitte jamais. Elle vit au plus profond de notre cœur et pour la revoir, il suffit de fermer les yeux.
« Les morts ne peuvent qu'une chose pour les vivants et c'est de leur rappeler de vivre », : écrivait Marie Laberge.
Vivre c'est ce qu'elle a fait pleinement et c'est ce qu'elle nous a donné et appris à faire.
Elle-même s'est battue jusqu'à la fin pour vivre toute sa vie aussi longtemps qu'elle pouvait respirer. Et ce malgré les douleurs, malgré que son corps petit à petit la lâchait.
Malgré que son cœur, oui son cœur était usé par tout ce qu'il a porté.
Vivre! Elle s'est battue pour vivre.
Sa grande Foi et la prière ont accompagné sa vie. Que de fois, j'ai été témoin de ses appels pour recommander à la chaîne de prière une intention bien spéciale. Elle y croyait. Et que de lampions ont brûlé devant la Vierge dans sa chambre. Prier c'était presque la certitude d'être exaucée. Elle avait une foi a ébranler les montagnes.
Vers la quarantaine ou la cinquantaine elle vécut un grand réveil. Elle a commencé à s'ouvrir, à parler, à nommer les choses, à dire ce qu'elle vivait et voulait pour elle, pour sa famille. Ses demandes avaient une grande sagesse puisqu'elle les avait muries dans le silence et la prière, durant ces longues années. Elle aimait rire et faire rire. Elle racontait des histoires. Nous nous souviendrons de ces moments-là aussi.
Nous nous souviendrons d'Augusta comme:
Une femme déterminée et courageuse.
Une femme de prière et de silence.
Une femme d'accueil et d'écoute.
Une femme de grande tendresse et de retenue.
Un exemple d'Amour avec un grand A.
Hommage à madame Augusta Lapointe, écrit et lu par sa petite-fille Joanie, en l'église de St-Léon-le-Grand, le samedi 19 mars 2016, jour de la célébration commémorative.
Grand-Maman,
C'est les yeux mouillés et le cœur serré en permanence que se sont déroulées nos dernières journées. Nous essayons de toujours être forts dans notre quotidien, comme tu l'as été toute ta vie. Nous ne te remercierons jamais assez de nous avoir tant appris. Nous suivons tes traces, mais avons de bien grandes chaussures à chausser. Tu étais une femme créative aux doigts de fée, une cuisinière hors pair, une jardinière d'abondance, une communicatrice et une chanteuse à tes heures. Tu savais écrire comme personne et tu avais une mémoire phénoménale. Tu en a embrassé des petits bobos et consolé bien des cœurs, jusqu'à ce que le tien cesse de battre. Il était épuisé...et il avait bien raison de l'être. Merci d'être restée sur cette terre aussi longtemps et avec tant de lucidité. Nous avons pu partager tellement avec toi. Égoïstement, nous aurions voulu que tu restes encore...
Nous savons que tu continueras de veiller sur nous tous, car c'est ce que tu as fait toute ta vie. Il n'y aura pas une seule journée qui passera sans que nous ne pensions à toi. Chaque petit signe de toi, nous le saisirons avec sourire, paix et sérénité.
Bon dernier voyage Grand-Maman. Déploie tes ailes, brille de mille feux!!
Tes petits-enfants qui t’aiment xxxxx
Hommage à madame Augusta Lapointe, écrit et lu par sa fille Renelle, en l'église de St-Léon-le-Grand, le samedi 19 mars 2016, jour de la célébration commémorative.
Hommage à une femme d'exception ...
Maman a quitté son manteau de souffrances pour les ailes de la délivrance. Sur l'échelle nous voudrions monter ... pas tout en haut, mais un peu quand même, pas bien longtemps, mais juste assez pour nous assurer que tu es bien arrivée. Comme maman aurait aimé monter sur cette échelle.
Nous voudrions tendre le cou, pour voir si ta nouvelle vie te plaît, pour nous persuader que tu es bien entourée. Mais surtout que la vie est meilleure là-haut, et en même temps nous observerions tous ces êtres partis d'ici-bas, beaucoup trop tôt. Nous voudrions monter sur cette échelle, te serrer une dernière fois dans nos bras et que tu nous dises: «Ça ira ne vous en faites surtout pas, ma nouvelle vie sera parfaite et sans souffrance. Continuez à vous aimer ... je vous veille, je suis avec vous en tout temps maintenant.»
Notre famille est unanime, tu as toujours été une femme de coeur, un grand coeur capable d'accueillir, d'aimer, de guider, de soutenir, de nourrir et soigner tes nombreux enfants et à 3 reprises, tu as accueilli sous ton toit, des neveux et nièces dans le besoin.
Quelle ténacité que la tienne et quel courage il t'a fallu pour assumer telle charge de travail physique et morale plus souvent qu'autrement seule avec tous tes enfants, car papa était au chantier pendant de longues périodes. Une femme fière, tu as toujours été et souhaité le meilleur pour chacun de nous. Tu as fait preuve d'imagination, tu as fait preuve d'habileté et de doigté pour créer du beau, pour créer du nouveau avec si peu de choses.
On se l'imagine très mal aujourd'hui dans notre abondance, mais avec quelle ingéniosité et quel labeur tu as dû déployer, pour nous nourrir correctement, nous vêtir avec coquetterie et nous loger modestement dans la petite maison.
Également, nous soulignons que papa faisait bonne équipe avec toi pour répondre le plus possible à nos besoins. Tu nous laisses un très grand héritage.
Maman ta philosophie de la vie, ta sagesse, ta sérénité, ta capacité d'être et de concevoir l'existence, de comprendre les événements et de modeler les comportements tout au long de ta vie.
Tout petit, nous avions une mère pour guider nos premiers pas. Enfant, nous avions une mère pour nous aimer et nous faire grandir et lors de chaque étape importante de nos existences nos joies comme nos peines, tu étais là. Adulte, nous avions une mère à aimer, à gâter et à protéger. La vie continue et tu nous pousses à aller de l'avant, à continuer notre quête de bonheur, car une chose est certaine, ton plus grand voeux était que chacun de ceux que tu as aimé et que tu continueras d'aimer soit heureux. Une maman, c'est unique et irremplaçable ! Tu nous manqueras...
Maman, tes 11 enfants ici présents, tes 18 petits-enfants et tes 20 arrière-petits-enfants (le 21ième sera parmi nous d'ici la fin de mars) tout ce beau monde a une dette d'amour et de tendresse immense envers toi ! Voilà un prétexte à cette dernière fête pour toi aujourd'hui. Pour nous tous, quoi qu'il advienne, tu seras toujours là. Nous sommes tous réunis en ce lieu pour te dire une dernière fois combien nous t'aimons.
Toutefois, tes principales qualités peuvent être rassemblées dans une belle gerbe de fleurs ou la couleur dominante est celle du coeur. Si l'Amour avait un nom, il s'appellerait Maman.
Au revoir Maman Augusta, grand-Maman, grand-mère, belle Maman.
Tu nous manqueras, que maintenant parmi les étoiles et pour l'éternité, tu seras heureuses et comblée au côté des tiens après une vie très bien remplie. Nous attendons le jour où toute notre grande famille sera de nouveau rassemblée.
Un grand Merci du fond du coeur à chacun de vous de votre présence et de votre écoute. Merci !
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