Hommage à M. Jean-Yves BASTIEN
Hommage à monsieur Jean-Yves Bastien, écrit et lu par sa soeur Jacynthe, en l'église de Causapscal, le vendredi 1er mai 2015, jour de la célébration commémorative. Hommage à la vie de Jean-Yves Bastien, il s’appelait Jean-Yves mais on le surnommait: mon homme, mon petit-homme, mon bébé, mon ange, et bien sûr, mon amour. On peut croire que ce qui caractérisait Jean-Yves, c’est la trisomie 21, cette trisomie causée par un chromosome supplémentaire qui donne 47 chromosomes au lieu de 46, comme la plupart d'entre nous.. Jean-Yves avait d’autres qualités supplémentaires et mon hommage va les aborder. Un jour j’ai entendu une chanson « SI J’ÉTAIS QUELQU’UN > de Céline Dion, j’ai tout de suite pensé à Jean-Yves. Cette chanson provenait d’un poème composé par une jeune poétesse française du nom de Nathalie. Dans une entrevue elle a dit "Je suis née avec une trisomie 21; mais moi, je dis que c'est une étiquette que les non-handicapés m'ont donnée. Parfois, je trouve les soi-disant normaux bien plus handicapés que moi. " Son poème traite de la différence et des rêves, et ou commence, et ou se termine la normalité. En voici quelques couplets ... Si j'étais quelqu'un, Mon esprit serait roi, Comme les autres, Je regarderais passer un train. Je partirais loin dans la vie, La bise soufflera dans les arbres en fleurs, Les anges sauteront en folie, Comme pour attraper des cœurs, Suspendus à l'échelle de l'infini. Si j'étais quelqu'un, Je rigolerais souvent, Comme les autres, Je penserais à toi. L'amour me jouerait des tours, Mon regard s'étonnerait à ton bonheur fou, Je serais dans un nuage, Je dormirais comme un sage, Et je te surprendrais avec beaucoup de malice. Si j'étais quelqu'un, Noir ou blanc, Comme les autres. Je serais comme toi. Je redécouvrirais le monde, Je le peindrais à ma façon, Sur mes pages en désordre, Comme pour dessiner un ballon, Que je t'envoie à la figure. Si j'étais quelqu'un, Je t'aimerais passionnément, Comme les autres... Jean-Yves était quelqu’un, quelqu’un d’important .. Tant dans ses avoirs, son paraître et son être. Ses avoirs étaient nombreux ... Avoir un sourire au réveil, Avoir faim et avoir un repas concocté avec amour, Avoir chaud, dans les bras d’une personne aimante, Avoir des écouteurs pour entendre sa musique, Avoir de la visite qui laisse des 5$, Avoir des cartes de souhaits avec des 5$. Paraître ... Jean-Yves aimait bien paraître, des beaux vêtements achetés dans les boutiques, des parfums, pas de l’eau de toilette, non des parfums. Pourtant il ne souciait pas de l’apparence des autres, petits gros, riche pauvre ,noir ou blanc; son amour était sincère et sans condition. Si Jean-Yves ne souciait pas du paraître, sa force tient dans l’Etre ... Etre bien, Être heureux, Être aimé, Être cajolé, Être câliné, Être embrassé. Cette façon d’être le rendait si attachant dans le présent de sa vie. Pour Jean-Yves, le passé était passé. Contrairement à nous, il ne trainait pas des: «Si j’avais su, j’aurais donc du.» C’était la même chose pour l’avenir : il n’avait pas de projets, le présent lui suffisait. Pas de: «il faut que» et de «il faudrait que ». Non, le temps de sa vie se passait au présent. Il le vivait intensément à chaque instant. Quand j’allais le voir, Il ne me reconnaissait pas toujours, mais moi je savais qui il était et à chaque fois, on recommençait une histoire d’amour. Jean-Yves a eu beaucoup de beaux moments présents et heureux dans vie. Il a connu aussi beaucoup d’épreuves, plus de 15 déménagements, donc autant d’adaptation; sans compter de nombreuses hospitalisations. Mais à chaque endroit où il arrivait et où j’en ai été témoin, il savait analyser son environnement, détecter les personnes qui travaillent à cœur et non à l’heure, leur faire du charme et se faire comprendre. Parfois Jean-Yves était en colère, c’était sa façon de s’exprimer en urgence lorsque la parole et les gestes lui manquaient. Mais il ne connaissait pas la rancune, ni le ressentiment. Ces sentiments qui empoisonnent la vie des gens dits normaux. Jean-Yves, lorsqu’Il se promenait dans un lieu public, faisait un clin d’œil aux jeunes filles, et saluait comme un capitaine, les adultes rencontrés. Pour toutes ces raisons, je dis que Jean-Yves était quelqu’un, quelqu’un d’important, et qu’Il était important pour nous. Je te salue Jean-Yves, Pour tes avoirs si riches de sens, Pour tes présents si précieux en cadeau, Pour ton être si lumineux. Tout au long de ses 59 ans, la famille de Jean-Yves a été présente soit par des visites, par de la correspondance. et bien des cadeaux . Des nombreux 5$ reçus le prouvent. Merci En terminant j’aimerais souligner et remercier quelques familles d’accueil que je nomme: « des familles de cœur». Jean-Yves a vécu, et j’ai nommé: la famille de Nancy Gobeil, de Sylvie St-Jean et finalement de Donate Landry . Vous qui avez pris soin de mon frère, qui lui avez tenu la main, qui l'avez réveillé avec le sourire chaque matin, et bordé avec tendresse, vous qui avez soigné Jean-Yves avec tant d’amour, de respect et d’humanitude. Je le sais, Jean-Yves était aussi votre frère. Merci beaucoup !!
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