Hommage à M. Adélard ROBICHAUD
Hommage à monsieur Adélard Robichaud, lu par sa petite-fille Julie, au salon funéraire, le jeudi 5 décembre 2013. Un homme et sa forêt Mon Grand-Père était un homme de la forêt, de la nature, il s'y sentait bien. Alors, je veux vous partager l'image qui m'est venue avec son décès. Un jour est né, d'une graine tombée au sol sur le bord d'une clôture, un petit arbre, il a grandi et puis un jour ses branches se sont entremêlées à celle d'un autre arbre et ils ont choisi de bâtir une forêt ensemble. Cher Grand-Papa de la force de tes nouvelles repoussent du printemps, tu inspirais le renouveau par ton regard et ton élan (élan d'amour que l'on sentait quand tes grandes branches nous entouraient lors de nos visites). Et puis, la verdure et la droiture de l'été, celle que l'on voit au travers d'un rayon de soleil. Ce rayon dans tes yeux, il était bien là, bien droit, bien fort de tout l'amour que tu portais à Grand-Maman et à toute ta famille. Ensuite, l'automne avec toutes ces couleurs, c'est une saison de beauté et de douleur un peu comme ce qui habite tout être humain. Nous avons tous de belles feuilles jaunes et oranges qui sont remplies de lumière et de soleil. Et puis quelques feuilles rouges qui sont remplies parfois de douleur, de peine mais l'important c'est de trouver celles qui sont remplies d'amour. Parfois nous avons de la misère à les trouver, mais elles sont bien là, tu finissais par les retrouver toujours. À chaque fois, tu apprenais quelque chose et tu faisais apprendre à toute cette petite forêt qui poussait auprès de toi. Et voilà, l'hiver qui dépose sa douce neige sur les branches, cette saison de repos, d'écoute de soi, de peine, de pleur. Cette saison de froid que l'on pense ne finira jamais, mais qui peut tellement être magique si on peut prendre le temps de la vivre car elle est essentielle pour faire que la forêt grandira encore une autre année. Cher Grand-Papa, tu as grandi dans cette vie et tu as vécu de beau printemps, des étés lumineux, des automnes de quête et de recherche sur toi et à la fin de cette automnes 2013, tu as choisi que tes saisons à toi se terminaient là. Notre hiver sera encore plus froid, rempli de peine et de pleur, mais le repos et les souvenirs nous feront avancer dans l'hiver pour vivre un nouveau printemps. Les saisons seront encore belles et remplies de découverte avec les souvenirs de toi qui nous accompagneront toujours. Au jour de ton départ, je veux que tu regardes bien cette forêt qui est là, d'une semence tu es né, d'un entremêlage de branches vous avez fait naître toute une belle et grande forêt, forte, lumineuse. C'est tout un accomplissement. Merci Grand-Papa de cette belle vie, de cette belle nature que tu nous laisses en héritage. Continu de faire briller, de réchauffer par le soleil de là-haut; notre forêt n'en sera que plus belle. Ta petite-fille Julie et tes trois arrières petits-fils Donavan, Estéban et TON Thierry xxx Hommage à Monsieur Adélard Robichaud, lu par sa conjointe Augusta Lapointe, au salon funéraire, le jeudi 5 décembre 2013. Journal de vie conjugal Tout à commencer… Et fini par un baiser… Je ne pouvais pas te laisser partir sans revoir avec toi les pages importantes de notre journal de vie. Le 24 juin 1945, lors de notre première rencontre avant de nous quitter, nous avons échangé notre premier baiser. Notre journal s’ouvrait à la première page. Le 8 août de la même année, nous avons unis nos vies l’une à l’autre, pour le meilleur et pour le pire. Les premiers mois furent comme des fréquentations. Une année a vite passée et la naissance de notre première fille nous a comblés de joie. De juin 1946 à mai 1968, la providence a voulu que 13 naissances s’ajoutent à notre journal. Nous avons été comblés. Pendant ces années, nous avons vécu des absences pour le travail et la maladie, demandant des hospitalisations. Des différents dans nos façons de voir ou de faire certaines choses, après un temps de réflexion, dans le silence de notre chambre, on pouvait ouvrir les bras et s’embrasser pour finir cette page en douceur. Toutes ces rencontres familiales, les anniversaires de naissances et de mariages que nos enfants ont préparés avec tant d`amour… A notre retraite, tous les voyages qu’on a fait et même en 2007, nous avons été en Italie, visiter plein de belles choses et ensemble nous avons marché sur la place St-Pierre de Rome. Quelle fierté d’avoir été jusque-là! Voir notre famille s’agrandir de 18 petits-enfants et 13 arrières, ce sont autant de beaux souvenirs partagés ensemble. En février 2010, un AVC a provoqué mon brusque départ de la maison où nous ne sommes pas retournés, restés ensemble. Dans des foyers voisins, j’ai été capable de te visiter chaque jour, et à chaque départ en se disant à demain, on échangeait un chaleureux baiser. Pendant tes 10 derniers jours à l`hôpital, je t’ai visité. Malgré tes souffrances et ta difficulté à prononcer mon nom, tu as réclamé ma présence jusqu’à la fin. Après 68 ans, 4 mois et 19 jours…. Le 27 novembre 2013 à 21 heures, quand je me suis penchée pour te dire à l’oreille, ce soir, je te fais un dernier ADIEU, ta mission est accomplie, quitte ce corps de souffrance. Déposant sur ta joue brûlante d’amour un dernier baiser……. Ce fut la dernière page de notre journal conjugal. Augusta XXXXXXXXXXXXXX Hommage à Monsieur Adélard Robichaud, lu par sa petite-fille Joanie, au salon funéraire, le jeudi 5 décembre 2013. C’est un honneur pour moi de vous parler un peu de notre cher Grand-Papa, au nom de ses petits et arrière-petits-enfants. Je dois cependant parler de mes souvenirs, puisque étant 18 petits-enfants et 16 arrière-petits-enfants, chacun a dû avoir une relation différente. Grand-Papa était un homme fort et vaillant, mais tendre et doux à la fois. Il était si fier de sa famille, de ce qu’il avait. Sa voiture était la prunelle de ses magnifiques yeux et je me souviendrai toujours de la première fois que je suis allée à St-Léon, au volant de MA voiture, il était content, mais j’ai eu droit à ses recommandations d’être prudente. Il était fier, aussi, de sa cour. Son entrée était en asphalte noire et on devait bien la voir, été comme hiver. Malheureusement pour lui, on en a ici de la neige en hiver. Il en a donc pelleté et soufflé de la neige! Il aimait être entouré de tout son monde et il semblait surpris d’être encore là à chaque occasion et ému de voir toute sa belle grande famille réunie. Nous aimions, mon frère et moi, dormir et se réveiller chez nos grands-parents. C’était toujours le premier levé que Grand-Papa prenait dans ses bras pour changer la fameuse date sur son calendrier aimanté! Je lui demandais toujours une pastille, qu’il mettait dans une petite boîte de métal. J’ai encore cette odeur dans la tête. C’était un bon mangeur et je dois vous dire que je ne tiens pas ma dent sucrée des voisins! Il avait une grande passion et on est choyé d’avoir pu la partager avec lui. Est-ce que quelqu’un l’a déjà entendu parler de chevaux? Ça le rendait tellement heureux d’en voir un. Il y a aussi autre chose qui m’a marquée, dans me tête de jeune femme. C’est l’étincelle toujours présente quand il regardait Grand-Maman, même après toutes ces années et ce jusqu’à la fin. Toute femme doit rêver d’avoir ce regard amoureux posé sur elle au moins une fois dans sa vie. Grand-Papa, tu m’as prouvé que le Grand Amour existe et peut durer éternellement. Aujourd’hui je l’ai trouvé et porte la vie pour une deuxième fois. J’espère inculquer tes belles valeurs à mes enfants et que tu continues d’être fier de ta magnifique et grande famille de là-haut. Je sais qu’avec ton cœur immense, tu sauras nous guider dans nos vies et veilleras sur chacun de nous. Merci pour tout Grand-papa! Ce n’est qu’un au revoir. Je t’aime xxx Hommage à Monsieur Adélard Robichaud, lu par sa fille Lysette, en l'église de St-Léon le Grand, vendredi le 6 décembre 2013, jour des funérailles. Pour débuter cet hommage, j’aimerais partager avec vous des expressions que papa dit depuis toujours et qui retient notre attention à chaque fois qu’on est en sa présence, ça va comme suit : Ah saint-ciel, as-tu vu pire, l’affaire est au ¾, ah ben ah ben ah ben, on aura tout vu, l’heure est grave, tabarnance, c’est un gazé de l’autre guerre, en toé cas, les bébés sont pas toute den carrosses, tu m’en diras tant, ah cré diable, j’ai le mal de corps, j’en ai essuyé une pothère, chré ben que c’est assez, on ferme les livres pour aujourd’hui, non non pleure pas là. Encore la semaine dernière malgré le peu de mot j’en ai entendu quelques-unes. Papa 90 ans, 90 ans, c’est pas rien! On a eu cette chance… mais qui aurait cru, toi qui a eu si souvent envie de dételer, c’est pas facile à résumer cette vie souvent tumultueuse, parfois calme et certainement pas plate. Né au printemps 1923, 2ième d’une famille de 8 enfants, ce fut une naissance difficile. Deux jours s’écoulèrent avant que Grand-Maman puisse te prendre dans ses bras. Est-ce ce manque de chaleur qui te plongea dans l’insécurité tout au long de ta vie? Tous tes proches savent que tu es né avec une maladie, celle des émotions. Cette maladie a teinté ton parcours jusqu’à la fin. Papa c’est le rire et les larmes, un côté empreint de sagesse, un autre côté imprévisible et réactif. Enfance heureuse, ton séjour sur les bancs de l’école fut de courte durée. Quand on te demandait combien de temps as-tu été à l’école Papa? Tu nous répondais toujours 3 jours et la maitresse n’était pas là. Sa façon à lui de nous dire que ce n’était pas de sa faute, s’il avait arrêté tôt. Encore dans l’adolescence, tu étais initié à la vie de chantier. Papa, une boule d’émotion, il devait s’ennuyer sans bon sens. On dit que le meilleur ami de l’homme est le chien, mais dans ton cas papa, nous avons compris que c’était le cheval. Ton obsession pour les chevaux n’était pas si déplacée, si on s’arrête un instant pour y penser, cet animal, ce compagnon d’arme en qui tu pouvais faire confiance pour gagner des sous, pour nourrir ta famille, pour cultiver la terre, faire le bois de chauffage pour la maisonnée, dans les pires tempêtes de neige, ils retrouvaient toujours le chemin de la maison. Tu aimais le silence des chevaux au travail. C’est sans doute pour cette raison que tu as mis tant de temps à introduire la mécanique dans les tâches de la ferme et en forêt. Tu aimais la vie d’agriculteur pour le fruit de tes labeurs, mais sans plus, on manquait de rien sur la table et il en avait en abondance pour maman, pour tes enfants et pour tous ceux qui voulaient se joindre à nous. Tu aimais partager ton repas. A 22 ans, tu as marié le seul amour de ta vie, Maman comme tu l’appelles affectueusement, elle avait 18 ans. Sur une période de 22 ans, sont nés 13 enfants, 9 filles de suite… Est-ce ton amour pour les enfants ou ton désir immense d’avoir un garçon? Quelle persévérance! Il fut exaucé. Deux garçons sont nés, puis une fille et puis 1 autre gars. Tu aimais nous bercer, tu aimais nous faire danser au bout de tes bras. On s’accrochait à tes pouces parce qu’on avait peur de tomber. Par la suite, ce fut le tour de nos enfants. Tu nous traînais avec toi, sur les instruments aratoires, au grand désarroi de maman, parce que c’était parfois très dangereux. Adolescentes, alors que nos amis ne pouvaient aller danser la fin de semaine, toi, tu venais nous reconduire et tu te rendais danser des quadrilles avec maman. Tu nous faisais confiance. Papa tu as tellement, mais tellement travaillé et tu avais le don de ne pas te la jouer facile cette vie. Tu as noyé plusieurs années de ta vie, ce qui fut pénible pour toute la famille, mais tu as eu la chance d’avoir un maître à bord après Dieu. C’est Maman. Elle a été ta boussole, ton repère, ta lumière dans le brouillard. Jusqu’à la fin, tu l’as réclamée. Tu as tenu sa main et reconnu sa voix. En 68 ans, Papa et Maman ont su réparer les liens cassés entre eux au lieu de se remplacer. A te voir t’accrocher si fortement à la fin, nous avons compris que même si elle avait été difficile cette vie, tu lui tenais beaucoup. Sur le pas de la porte, tu as longuement hésité, tu as traversé un pied, mais sans doute tu as eu peur de tomber, alors nous avons demandé à Berthier et Denise de venir t’accueillir dans leur paradis. Repose-toi, tu la mérites ta place, tu ne l’as pas volée. Papa Papa, bravo et merci pour l’ensemble de ton œuvre. Nous t’aimons très fort ti-Papa d’Amour! XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX Ta famille
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