Hommage à madame Colette Vadnais, lu par son amie Jocelyne, en l'église d'Amqui, le samedi 5 octobre 2013, jour de la célébration commémorative.
Avant de vous livrer mon témoignage, permettez-moi de vous lire ces quelques mots écrits par ma fille Suzanne.
Ma belle Colette,
Aujourd'hui, c'est bien plus qu'une amie ou l'amie de notre mère que nous devons laisser partir. Je suis certaine que Luc et Sylvie seront d'accord avec moi pour dire que c'est notre deuxième mère et une autre grand-mère pour nos enfants. Mais aussi une confidente pour plusieurs, un exemple de joie de vivre, de force et de détermination. Tu étais toujours là si nous avions besoin de toi, tu avais toujours les bons mots pour soulager, réconforter ou même faire rire aux éclats, souvent aux dépends de notre propre mère, mais c'est ce qui rendait l'histoire encore plus drôle... Il n'y avait en toi aucune méchanceté et tu affichais toujours un beau sourire sur ton visage et ce jusqu'à la fin. Pour moi qui me bats en ce moment contre une sournoise maladie, tu es un exemple, tu m'as fait comprendre que la vie pouvait encore être belle, qu'il fallait simplement lui laisser un peu de temps pour que tout s'arrange. La dernière fois que je suis allée te voir à la Maison Marie-Élisabeth, je t'ai fait la promesse de tout faire pour essayer de m'en sortir et d'oublier ces idées noires qui me pourrissent l’existence. Je sais que ce ne sera pas tous les jours facile, mais je sais aussi que tu seras toujours à nos côtés pour nous aider.
Colette, nous t'aimons tous très fort, nous ne t'oublierons jamais et nous t'embrassons aussi très fort. Tu peux partir l'esprit en paix et profiter de ce repos que tu as tant mérité.
Je t'aime Suzanne xxx
Bonjour Dany, Mélanie, Justine et Olivier, et vous tous, ses parents et amis.
Je vous invite à me suivre pendant quelques minutes pour redécouvrir avec vous qui est notre chère Colette. En effet, chacun et chacune de nous avons découvert au fil des ans, un visage différent mais toujours en croissance de notre petit « trésor », comme elle disait souvent.
Pour quelques privilégiés, elle est la bonne « maman », en particulier pour Dany et Mélanie mais aussi pour mes trois enfants et leurs conjoints. Elle est aussi une « belle et bonne grand-maman » pour Justine et Olivier, et pour mes neuf petits-enfants. C’est une mère et grand-mère qui sait aimer sans condition, écouter, conseiller sans imposer, tout en partageant un peu sa sagesse et surtout sa tendresse et sa bonne humeur. Le plus beau dans tout ça, c’est qu’elle sera toujours vivante dans votre cœur et qu’elle trouvera le moyen de vous accompagner chaque fois que vous ferez appel à elle. Soyez-en assurés…
Pour d’autres, comme pour les membres des familles Vadnais, Blanchette, Pépin, Guillemette et Saint-Pierre, elle est et restera la « sœur, belle-sœur, tante ou cousine » qui accueille et donne son amour généreusement et sans compter, comblant un peu le vide laissé par ceux et celles qui l’ont précédée dans l’au-delà. Pour vous aussi, je vous l’assure, elle sera toujours là…
Pour plusieurs, les nombreux et nombreuses amis qu’elle a « cultivés » au fil des années, elle est celle qui sait accueillir les autres tels qu’ils sont, sans jugement, sans prétention, et toujours avec l’espoir de leur donner un peu de bonheur par son rire, sa gaité, sa bonne humeur et même ses chants. Son sens de l’humour et sa spontanéité en a déridé plus d’un qui pourtant n’avaient pas le sourire facile. Elle est ce « bout d’entrain » dont on a tous besoin pour agrémenter notre quotidien. Rares sont ceux et celles qui ont su résister à sa joie de vivre. De plus, si vous vous souvenez bien, c’est toujours elle qui prenait les devants et provoquait les rencontres et les échanges. La différence, maintenant, c’est que ce sera à vous de la relancer et elle saura se faire proche d’une façon ou d’une autre…
Pour les religieuses Sœurs du Clergé avec qui elle a travaillé ces dernières années, je crois qu’elle se sentait la « fille » qui accompagnait ses nombreuses « mères », tout comme elle l’avait fait presque toute sa vie avec sa tante Maria. L’important pour elle, ce n’était pas le salaire… elle visait surtout à vous apporter un peu de « petits bonheurs » dans votre quotidien. Vous avez tant donné à vos chers prêtres, vous méritiez de recevoir beaucoup vous aussi… Soyez assurées que chez-vous, elle a été très heureuse car elle réalisait enfin sa mission de vie : le service ! Et en plus, elle était payée pour le faire, ce qui lui apportait une petite sécurité financière nécessaire. Elle ne pouvait demander mieux, si non continuer le plus longtemps possible !!!
Je ne pourrais parler de Colette sans mentionner son grand amour des sports en général. Elle pratiquait la bicyclette et la marche, surtout dans la nature. Nous en avons parcouru des sentiers pédestres, et avons des souvenirs très cocasses de quelques randonnées avec nos amies. Mais, son sport préféré et qu’elle « suivait » avec passion, c’est bien sûr le hockey. Elle écoutait, regardait, lisait tout ce qu’elle pouvait trouver sur ses chers Canadiens, et quand les médias ne parlaient pas d’eux, elle comparait leurs rivaux, surtout en jasant avec nos amis du McDo, devant un bon café. Le plus beau compliment qu’elle a reçu à ce sujet vient de mon beau-frère Dominique qui a dit à sa femme : « J’en reviens pas de Colette, il n’y a pas un de mes chums qui connaît le hockey comme elle ! »
Colette voudrait laisser à tous ce message très important : « Rappelez-vous toujours qu’il est important de dire « je t’aime » aux personnes qui nous entourent pendant qu’il est encore temps. Ce n’est pas quand on est sur notre dernier départ que nous avons besoin de votre visite…
Enfin, pour moi, elle a été l’amie sincère qui m’a accompagnée depuis 35 ans, partageant même mon quotidien pendant les 17 dernières années. Par sa bonne humeur de chaque jour (et oui, elle se levait toujours avec le sourire), sa joie de vivre, son sens de l’humour qui avait le don de désamorcer les moments plus difficiles, elle a été, et reste encore une des plus belles personnes que le Seigneur a placées sur ma route. Ensemble, nous avons pu aider nos enfants à cheminer et à grandir malgré des conditions de vie pas toujours faciles, leur permettre de vivre de vraies vacances, et surtout de les aimer comme tous les enfants le méritent… Ensemble, nous avons pu avoir une vie sociale bien remplie où bonheur rime avec donner : donner un sourire, une bonne poignée de main, une écoute attentive, quelques farces bien placées, parfois de petits grains de sagesse et beaucoup de tendresse.
En fait, le seul défaut que je lui connais, c’est qu’elle n’aime pas qu’on la « vante », alors aujourd’hui je peux bien prendre ma revanche… elle ne peut pas m’en empêcher (ha! ha!). D’ailleurs, pour la taquiner, je lui disais souvent : « Ah que c’est pas facile de vivre avec une personne parfaite ! » Colette, je sais que je suis privilégiée de t’avoir eu à mes côtés. Merci pour tous ces moments de bonheur passés – mais aussi à venir parce que je sais que tu seras toujours là pour moi.
Avant de terminer, je tiens à faire des remerciements particuliers à quelques personnes qui ont appuyé Colette, surtout dans les derniers moments. Bien sûr, Dany et Mélanie, Suzanne Blanchette, Jocelyn Malenfant, mes filles Sylvie, Suzanne et Érica, et enfin le personnel et tous les bénévoles de la Maison Marie-Elisabeth. Quand elle a visité cette maison pour la première fois, elle a dit : « Comme je suis chanceuse de pouvoir finir mes jours ici, c’est tellement beau et surtout le personnel est vraiment « humain ». Je crois qu’après ici, c’est le Paradis !!! »
Enfin, parlant de son humour particulier, laissez-moi vous conter une dernière anecdote. En réponse à notre ami Jocelyn venu la rencontrer à la Maison Marie-Élisabeth, elle a dit, avec son petit sourire en coin : « Oui, t’en fais pas, je suis prête… mais je ne suis pas pressée. » Ben oui, jusqu’à la fin, tu as voulu tenir le volant toi-même. Maintenant Colette, il est temps…, fais démarrer ton moteur et pars à toute vitesse vers cet au-delà où plein des tiens t’attendent avec amour. Ils sauront bien t’accueillir, t’entourer et faire avec toi le plus beau voyage de ta vie.
Au revoir Colette, je t’aime.
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