Hommage à Mme Fleurette DOIRON
Hommage à madame Fleurette Doiron, lu par ses enfants en l'église de St-Alexandre-des-Lacs, le vendredi 30 août 2013, jour de la célébration commémorative. Très chère maman, Aujourd’hui, nous prenons la parole devant ta famille et tes amis afin de t’exprimer tout l’amour que nous ressentons pour toi et pour te rendre un hommage à la hauteur de l’être humain de qualité que tu étais. Pour tes enfants, tu as été une mère au cœur infiniment grand, débordant d’un amour inconditionnel pour ses quatre enfants que tu disais être ta raison de vivre et de qui tu étais tellement fière. Une mère qui pardonnait tout, qui s’inquiétait pour nous, qui pleurait nos peines et se réjouissait de nos joies, grandes et petites. Une mère-poule, une vraie, une poule couveuse et inquiète. D’ailleurs, nous savons tous que tu ne t’es jamais remise de la perte de l’un de tes poussins, parti trop tôt et te laissant avec une blessure au cœur qui n’a jamais pu vraiment guérir. Aujourd’hui, tu l’as retrouvée, ta grande fille chérie, et c’est notre plus grande consolation que de vous savoir enfin réunies. Tu laisses cependant derrière toi trois poussins bien tristes et démunis, qui auront besoin de beaucoup de temps pour s’habituer à ton absence. Ta bienveillance et ta douceur vont nous manquer, comme ta présence unique et attachante. Tes cinq petits-enfants ont connu une grand-mère chaleureuse et drôle, qui les faisait rire. Cinq petits bébés nouveaux que tu as accueillis à chaque fois comme un cadeau du ciel, heureuse de pouvoir catiner à nouveau et d’avoir encore plus d’amour à donner. D’ailleurs, ce petit cadre posé bien en vue chez toi le disait : les grands-mamans sont des anges déguisés. Quelle phrase bien choisie pour une grand-mère comme toi! Jany, Gabrielle, Émilie, William et Meg-Ann, n’oubliez jamais que grand-maman Fleurette vous aimait beaucoup, beaucoup, beaucoup… Ta grande générosité de cœur et ton énorme patience t’ont fait apprécier de toute la famille, petits et grands. Beaux-frères et belles sœurs, cousins et cousines, neveux et nièces, tous sont unanimes pour dire que ma tante Fleurette, c’était la bonté même. « Elle ne ferait de mal à personne » disait-on souvent. « Elle ne demande jamais rien, et est prête à tout donner », entendait-on aussi. Bonne comme le bon pain que tu cuisais, tu faisais passer les autres bien avant toi. Donner te rendait plus heureuse que recevoir. Ton plaisir, c’était de faire plaisir. Tous ces membres de la famille qui sont passés chez nous, à court ou long terme, pourraient affirmer que tu étais accueillante, dévouée, calme et, encore une fois, tellement patiente. Toi qui ne voulais jamais déranger n’aurais jamais fait sentir qu’on pouvait te déranger, parce tu ne voulais blesser personne. Fidèle en amitié, tu as su t’entourer d’amies qui t’aimaient et te considéraient. Même avec ton petit côté solitaire, tu étais bien entourée parce que tu savais tisser des liens sincères. Tu attirais les marques d’affection et la sympathie. D’ailleurs, l’une de tes amies, la plus près, a pris soin de toi et t’a accompagnée jusqu’à la fin. Tu lui en étais reconnaissante, et nous, tes enfants, se joignons à toi pour le lui exprimer, même si aucun mot ne sera jamais assez fort pour la remercier convenablement. Nous avons également reçu plusieurs témoignages de gens avec qui tu travaillais, des collègues et des élèves. On appréciait ta bonne humeur et ton sourire partout où tu travaillais. Ta présence réconfortait tout le monde. On disait que des comme toi, il n’y a en avait pas deux. C’est simple : tout le monde t’aimait. Tu leur manques déjà, et la personne qui te remplacera a de grands souliers à chausser. On lui souhaite bonne chance... Même si ta vie n’a pas toujours été facile, tu es toujours restée la même. Beaucoup d’épreuves difficiles t’ont fait souffrir, et ta fin de vie, que l’on aurait voulue pour toi douce et paisible, t’a aussi obligée à puiser dans tes dernières réserves de force et de courage face à un combat perdu d’avance. Mais jamais tu n’as perdu ta chaleur, tes yeux pétillants et ton cœur généreux. D’ailleurs, tu t’étais prise d’affection pour une sorte d’oiseau, le colibri: petit être solitaire, à l’apparence fragile mais pouvant surmonter de nombreuses intempéries à travers ses voyages, c’est, parmi tous les oiseaux, celui qui possède le cœur le plus gros, en proportion avec sa taille. Pas étonnant que tu aies été fascinée par cet oiseau qui, finalement, te ressemblait. Nous t’entendrons encore longtemps fredonner ces chansons que tu connaissais par cœur. C’était une seconde nature pour toi, de vouloir égayer ton foyer avec la musique dont tu ne pouvais te passer. Maman, présentement, la radio est restée ouverte dans ton chez-toi vide, comme tu avais l’habitude de le faire, pour t’assurer d’avoir de la musique à ton retour. On y a veillé : le silence dans ton chez-toi serait encore trop difficile à entendre pour nous. On nous en voudrait de ne pas mentionner ton grand sens de l’humour. On nous en parle tous les jours depuis que tu es partie! Ton sens de la répartie en a marqué plus d’un. Toujours une réplique bien placée, bien sentie, l’esprit vif, l’œil clair et allumé. On a bien deviné que c’était ta façon de dédramatiser et de passer à travers la vie. Les gens les plus près de toi savent aussi pourquoi tu aimais autant faire rire : c’est parce que tu savais que tu faisais du bien aux autres. Ça te procurait tellement de plaisir qu’un jour, tu as eu une idée un peu « farfelue » : faire du théâtre, avec tes complices et amies de St-Alexandre. Et avec quel talent tu l’as fait! Une perruque, un chapeau ou une fausse moustache et tu devenais quelqu’un d’autre. Même malade, avec un masque d’hôpital et un drap, que tu avais demandé à l’infirmière de te mettre sur la tête pour nous faire rire, tu te mettais à parler en arabe dans les couloirs de l’hôpital. De l’humour jusqu’à la fin, pour nous faire du bien, pour chasser notre tristesse… Que de souvenirs tu laisses à ton public. Grâce à toi, nous avons eu la chance de voir sur scène Alys Robi, Céline Dion, Jean-Pierre Ferland, et même Michael Jackson, avec qui tu pourras désormais pratiquer le célèbre moonwalk dans les nuages. Ton public te salue! Très chère maman, c’est avec une peine immense au cœur que nous devons te dire au revoir aujourd’hui. C’est la vie qui le veut ainsi, pas nous. Dans cette mystérieuse existence, nous n’avons pas le choix de la date du départ. Un jour, nous irons te retrouver, quand ce sera notre tour. Prépare-nous une place, avec un feu de camp et de la musique, et tu pourras à nouveau nous prendre par le cou comme tu aimais le faire dans ces soirées familiales et regarder autour de toi et dire, comme à ton habitude : « Toute du monde que j’aime ». Eh bien, le monde qui t’aime te rend hommage aujourd’hui, grande dame humble et touchante, et te souhaite de connaître enfin la paix, avec ta fille qui t’a fait une place auprès d’elle. Au revoir. Nous t’aimons et t’aimerons toujours. Tes enfants
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