Hommage à monsieur Berthier Robichaud lu par sa conjointe Renée, en l'église d'Amqui, le samedi 6 octobre 2012, jour de la célébration commémorative.
Tu avais promis de m'attendre ...
Tout mon amour, mon humour, mes rengaines,
Tous nos beaux projets d'avenir n'ont su vaincre ta souffrance.
Ensemble on avait déjà accompli tant de choses.
Bientôt dix ans à aimer et être aimée.
Tu m'as comblée de tant de tendresse et d'affection,
Tu étais mon ROC, moi ton phare.
Aujourd'hui, pour nos enfants, c'est à ton tour d'éclairer mes pas puisque je suis aveuglée par la peine.
Je dois continuer sans toi ...
Tu avais promis de m'attendre ...
Tu as tenu ta promesse, tu as simplement décidé de la faire paisiblement,
Ce n'est donc qu'un au revoir, je t'embrase, je t'aime.
À bientôt ...
Hommage à monsieur Berthier Robichaud lu par sa fille Laurianne, en l'église d'Amqui, le samedi 6 octobre 2012, jour de la célébration commémorative.
Mon petit papa,
Il y a tant de choses que je voudrais te dire. Mais aujourd'hui, je tiens à te remercier d'avoir été le père que tu as été pour moi et Thommy. Sans peut-être le savoir, tu nous as légué un bagage inestimable de valeurs, de ressources et d'aptitudes. Dans cette société où les parents achètent tout ce que les enfants n'ont pas encore eu le temps de désirer, toi, tu nous as appris à utiliser et à optimiser ce qu'il y avait de meilleur en nous pour que l'on puisse s'accomplir ainsi que de savourer l'authenticité de chaque instant.
Je réalise à présent, que par tes actions, tu m'as appris à avoir confiance en moi-même, à être autonome et déterminée. Avec toi, il faillait finir ce que l'on entreprenait, et ce, peu importe notre niveau de motivation. Te souviens-tu quand tu m'avais tout expliqué les règles essentielles pour que je puisse descendre en "trois skis" les escaliers du 2e étage en toute sécurité ... Quand tu me laissais partir en quatre roues dans les terrains boueux en te disant que tu m'avais montré à utiliser seule "la winche" dans le cas où je resterais prise ... Quand j'y pense, je ne peux m'empêcher de sourire...
Tu as toujours été un père aimant et chaleureux. Malgré la distance au cours des dernières années, quand tu étais avec nous, tu étais là à 210 pour cent. Ainsi, quand j'y pense, tu ne nous as pas seulement rechargé nos batteries au fil du temps. Non, tu as fait mieux que ça, tu nous as installé une génératrice afin que tu sois certain que nous ne manquions jamais de jus ... De cette façon, tu seras pour toujours avec nous.
Repose-toi, mon petit papa pour la toute première fois, tu peux le faire. Moi et Thommy, saurons prendre soin l'un de l'autre.
Merci d'avoir mis sur notre route, Renée, Andréanne et Audrey ...
Je t'aime papa
Je t'aime ! Laurianne et Thommy.
Hommage à monsieur Berthier Robichaud lu par Andréanne, la fille de Renée, en l'église d'Amqui, le samedi 6 octobre 2012, jour de la célébration commémorative.
Ce petit mot d'adieu, c'est au nom de moi-même Andréanne et d'Audrey ma soeur, les filles de Renée que je l'ai écrit.
Très cher Berthier,
En ce moment, les mots nous manquent pour exprimer les sentiments qui nous habitent depuis ton départ précipité. Un mélange de profonde tristesse, d'impuissance, de vide, de douleur, de colère, de regrets.
Mais sache Berthier, et nous tenions sincèrement à te le dire, que nous ne t'en voudrons jamais d'avoir quitté maman de façon si subite. Si tu as quitté ce monde, c'est que tes souffrances, plus fortes que quiconque ne pourrait se l'imaginer, ont pris le dessus sur le bonheur et l'amour que t'apportait maman, tes enfants, ta famille, tes amis. C'est ce qui nous rend si tristes et impuissants. Mais nous trouvons réconfort dans le fait que maintenant tu ne souffres plus et tu reposes en paix.
Berthier, aujourd'hui, c'est plutôt un MERCI qu'Audrey et moi voulons t'exprimer. MERCI d'avoir donné à maman pendant ces 10 belles années, une présence réconfortante, un amour sincère, un amour vrai, un amour inconditionnel comme elle ne l'avait jamais connu d'un homme auparavant. Nous gardons le souvenir de toi, d'un homme discret, doux, courageux, avec un infiniment grand coeur, qui nous a considérées comme ses propres enfants. Nous gardons la belle image de toi, aux côtés de maman, qui la regarde parler (oui tout le monde sait que ma mère aime beaucoup parler et raconter ...) avec admiration, fierté et tendresse.
Nous savons que tu veilleras sur nous et sur elle, toi notre force tranquille, et donne à maman le courage et la force de surmonter la culpabilité, la grande peine et le vide laissé par ton départ. Nous avons besoin d'elle ...
Avec ton notre amour, Andréanne et Audrey
Hommage à monsieur Berthier Robichaud, composé par sa mère et lu par sa sœur Lysette, en l'église d'Amqui, le samedi 6 octobre 2012, jour de la célébration commémorative.
J’ai toujours dû choisir mes mots, je le sais Berthier, que les mots ont un grand pouvoir sur toi, ils peuvent tout aussi bien créer un bon moment ou détruire le moment, c’est instantané. On peut le lire sur ton visage.
Onzième enfant d’une famille de treize, précédé d’une cohorte de 9 filles de suite, tu es le deuxième garçon d’affilé, quelle fierté pour maman, papa et toute la famille.
Dès l’âge de 2 ans, tu es le petit miraculé d’un accident de ferme avec ta sœur de 11 ans. Enfant peu tapageur, tu dois jouer du coude pour faire ta place au sein de cette légion. Ayant une santé de fer et une force physique peu commune, tu nous fais oublier qu’on n’a pas tous la même vision sur la ligne de départ de la vie.
Ne sachant pas dire non, ayant le cœur plus gros que le corps, le désir de tout faire avec passion et perfection en y mettant plus d’énergie que quiconque, tu t’épuisas dès la vingtaine. C’est dans cette même vingtaine que tu connais des bonheurs passagers et la joie immense d’accueillir tes deux beaux enfants Laurianne et Thommy. La vie étant une succession de contradictions, ta trentaine enchaîne plus de bas que de haut. L’amour de ta famille et de tes enfants ne suffit pas. Ton mal de vivre, tu le combats de toutes tes forces emportant parfois ta raison, mais tu le surmontes.
De stature imposante, ton corps dégage ton état d’esprit, ton rire si franc, tes yeux si bleus, ton charme opère : l’amour vrai et épanoui entre dans ta vie, c’est ta Renée ton amour pour l’éternité. Avec ta Renée, tu explores le plein air sur toutes ces formes. La forêt, tu aimes déjà passionnément et tu lui fais découvrir. En retour, elle t’apprendra à aimer l’eau, l’air et le vent. Mais malgré tout ça, la maladie a fini par avoir le dernier mot. Nous t’aimons et t’aimerons toujours mon Berthier.
On dit qu’une vie qui s’arrête est une éternité qui commence : debout au bord du fleuve, un voilier passe dans la brise du matin; il est la beauté, il est la vie. Nous regardons le voilier jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon. Alors que pour nous, sa disparition physique est totale quelqu’un de l’autre côté, sur l’autre rive s’exclame avec joie « LE VOILÀ » et cette voix c’est celle de ta sœur Denise qui a été consacrée Ange, il y a 61 ans. Elle t’attendait certes, mais pas si tôt. Elle nous prive de ta présence physique, mais nous nous remémorons, nous nous souvenons, sentons ta présence et nous pouvons toujours te parler.
Maintenant Berthier, tu es le vent du fleuve parfois doux, parfois puissant. Avec Denise, tu es notre seconde étoile qui brille pour nous tous dans les cieux. Tu es parti, parti de notre regard, c’est tout. C’est ça la mort.
Nous t’aimons
Maman, Papa, tes sœurs et tes frères
Hommage à monsieur Berthier Robichaud par son ami Pierre-Paul Besner, lu par la fille de sa conjointe Renée, à la Maison Fournier, le vendredi 5 octobre 2012.
Même quand une étoile meurt, sa lumière reste éternelle ...
Parfois on rencontre quelqu’un par hasard, mais ma rencontre avec Berthier n’est pas le fruit du hasard car elle se fonde sur le besoin en nous des relations humaines. C’est Renée qui l’a amené à mon atelier, dans ma vie. Heureuse d’avoir connu cet homme, Renée a voulu partager son bonheur.
Un beau samedi matin, ils sont arrivés. Mon Dieu, quel plaisir de travailler avec cet homme car, lui, il faisait exactement ce que je lui demandais et ce, sans dire un mot ..., contrairement à Renée qui, elle, placotait en nous donnant nombre de conseils. Berthier faisait ce que je lui demandais non parce qu’il était un simple exécutant mais parce qu’il aimait rendre service tout simplement. Sa qualité première, c’était son grand cœur.
Berthier est venu dans mon atelier, mon royaume, il me fallait aussi que j’aille à mon tour dans son monde, son royaume, son atelier : sous son invitation, je suis allé travailler une fin de semaine dans le bois avec cet homme, mon ami. Moi, un prof de philo à la retraite, habillé avec mes habits du dimanche, j’ai été obligé d’enlever ma cravate et me salir les mains avec la gomme d’épinette. Une métamorphose s’est produite car le prof que j’étais est devenu son élève. Berthier m’a appris la spécificité de son être : le besoin de sa relation avec la nature. Nous étions dans une érablière sous un beau soleil d’octobre, les couleurs de l’automne envahissaient notre âme. Mas la présence de Berthier a semé dans mon cœur l’attente du printemps comme si l’hiver était déjà vaincu.
Moi, j’ai été prof diplômé de philo; lui, il était plutôt un philosophe dans son cœur. Contrairement à moi, il n’avait pas besoin d’une convention collective pour travailler. C’est à se demander lorsqu’il bûchait, s’il effectuait un travail. Oui, je l’ai vu abattre des arbres mais ses gestes étaient animés d’un profond respect pour la nature ..., il permettait à la forêt de se refaire. Abattre des arbres sans détruire la nature reflète la grandeur de mon ami. Oui, j’ai été son élève et il a su me communiquer une belle leçon, celle de réapprendre à voir et à regarder ...
Si j’avais à exprimer la principale qualité de mon ami, je dirais que j’ai rarement vu un homme aussi serviable. Je dirais même qu’il n’a pas que rendu service aux autres car il s’est donné et ce, dans la gratuité. Interrogeons-nous en nous demandant si un seul parmi nous tous, a déjà vu Berthier dire non à quelqu’un. Et pourtant ... et pourtant il a décidé de nous quitter... Il a dit non, oui, mais à lui-même. Il a peut-être douté de pouvoir encore aider. Il nous a montré à mieux regarder, mais il n’a pas vu comment nous avions encore besoin de sa présence. Tu nous as quittés, Berthier, mais dans notre cœur, tu y habiteras toujours.
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