Hommage à Mme Lucienne BOUILLON
Hommage à Mme Lucienne Bouillon lu en l'église de Sayabec lors de la célébration commémorative, le mardi 15 mai 2012. Aujourd'hui, nous accompagnons à son dernier repos cette femme que nous avons tant aimée, notre si jolie maman, Lucienne. Cette femme dont le coeur s'est usé au fil des années en raison de la génétique, et sûrement par le fait d'avoir tant travaillé et de s'être inquiétée souvent inutilement pour ses enfants, ses amis et même pour de parfaits étrangers. Née à la fin des années 20, maman a trimé dur toute sa vie. Le dramaturge Michel Tremblay ne disait-il pas en entrevue, en parlant des Belles-Soeurs, que ces femmes trouvaient le bonheur qu'en donnant le meilleur de soi-même. Maman a su nous transmettre les valeurs qui ont marqué cette époque : le travail, la persévérance, le partage et le courage dans l'adversité. Tous ceux et celles qui ont connu maman reconnaîtront ses multiples talents : la couturière qui confectionnait des vêtements dignes d'une styliste à partir de tissus récupérés; la cuisinière qui préparait des buffets bien garnis et savoureux pour les partager avec parents et amis. Maman était une bonne fourchette et elle avait la dent sucrée, hum, elle en avait peut-être même deux... Durant les dernières semaines de sa vie, nous avons partagé avec maman des moments délicieux. Nous avons eu tellement de plaisir à lui offrir de la crème glacée, du gâteau et de la tarte au coconut. Elle s'en régalait. Deux jours avant sa mort, elle saisissait avidement entre ses doigts amaigris, des chocolats offerts par son fils Réjean, sous le regard amusé de tous. Bien qu'elle ait été une femme sensible aux autres, il n'en demeure pas moins que souvent, par son franc-parler, elle pouvait nous déstabiliser et même nous blesser. Si tu avais engraissé, tu le savais. Si ta robe n'était pas à son goût, elle te le disait. La diplomatie, nous devons l'avouer, n'a jamais été une de ses forces. Pour ceux d'entre vous qui avez goûté à sa médecine, veuillez lui pardonner. C'était toujours sans méchanceté. Le 11 mai dernier, maman nous a quittés. Quelle coïncidence! Aujourd'hui, le 15 mai, exactement soixante ans après avoir tenu dans ses bras son premier enfant, nous, ses six enfants, remettons maman dans les mains de Dieu.
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