Hommage à M. Armand Pelletier lu par ses enfants au cours de sa célébration commémorative tenue en l'église de Val-Brillant, le vendredi 10 février 2012 .
Fier citoyen de Val-Brillant de sa naissance à aujourd’hui, avec une scolarité de niveau primaire, à la sueur de son front, il a travaillé comme bûcheron, militaire, agriculteur, journalier et camionneur pour faire vivre sa famille.
Avec maman, femme de tête et autonome, également couturière, coiffeuse, cuisinière, ménagère, agricultrice, tricoteuse et artisane, ils sont parvenus à joindre les deux bouts et ils ont permis, aidés et encouragés chacun d’entre nous à poursuivre nos études afin de gagner notre vie plus facilement qu’eux.
Son séjour dans l’armée fut l’aventure de sa vie. Malgré l’autoritarisme et les tâches de déminage et de patrouille, l’armée lui a permis de visiter le Canada d’un océan à l’autre et de vivre 1½ an en Colombie Britannique à Vernon, Vancouver, Nanaimo et Kiska aux Iles Aléoutiennes. Par la suite, il a passé 1½ an en Angleterre comme entraineur de tir. Il aimait en parler et nous raconter ses souvenirs de l’armée. Même si nous les avons entendues tellement souvent, ses histoires nous manqueront, peut-être pas immédiatement, mais dans quelques temps.
De retour au pays en 1946, il a pris la terre familiale. Puis nos parents se sont mariés au Bic le 23 juin 1948. Et avec maman, ils y ont élevé sur la ferme leurs 9 enfants. En 1966, il a réorienté sa carrière comme journalier puis comme camionneur à la Laiterie de Choix jusqu’à sa retraite en 1978.
À sa retraite, il a effectué des travaux de réparation, de petites menuiseries, d’ébénisterie et de décapage jusqu’à plus de 80 ans. Il a participé au décapage et à la peinture de l’église de Val-Brillant, principalement de la chaire. Il était toujours disponible pour aider ses enfants : construire une maison neuve, un chalet, rénover, réparer un meuble ou rentrer du bois de chauffage.
Dans ses loisirs, il a toujours apprécié les mots croisés. Plus ils étaient grands, plus ils étaient intéressants. L’après-midi précédant son décès, il avait travaillé sur un mot croisé. Il possédait 3 ou 4 dictionnaires qu’il feuilletait au besoin, pas très souvent, à la recherche du mot juste. Il ne détestait pas une Molson Ex, une coupe de vin ou un petit verre de gin. Il appréciait aussi les voyages, pour visiter la famille ou pour découvrir de nouveaux paysages. Ils ont parcouru les provinces maritimes et le Québec en entier, des Iles-de-la-Madeleine, de Natashquan jusqu’en Abitibi.
Il a vu partir tous ses frères et sœurs. Depuis le décès d’Oncle Guy en mai dernier, il était le dernier représentant de la famille de 12 enfants de Joseph Paul Pelletier et Jeanne Anctil.
Papa est demeuré lucide, avec toute ses capacités, jusqu’à son décès. C’est d’ailleurs ce qu’il souhaitait. Il ne voulait pas importuner ou déranger qui que ce soit. Il voulait des choses simples, pas compliquées. Nous avons été privilégiés de pouvoir bénéficier de sa présence pendant toutes ces années, et surtout dans des conditions où il pouvait profiter pleinement de la vie. Il aurait été incapable d’accepter d’être diminué et dépendant, et il a accepté sereinement cette ultime étape de sa vie.
Papa et maman nous ont enseigné la valeur du travail, l’honnêteté et l’importance des liens familiaux. Ils étaient de toutes les rencontres familiales. Toujours prêts pour une petite ou grande sortie et heureux d’être entourés des leurs. Plusieurs d’entre nous ont hérité de ces caractéristiques.
Une vie bien remplie, près d’un siècle où il aura été témoin de l’évolution sociale du Québec et à laquelle il a contribué à sa façon : 63 ans de mariage avec sa Rita, 9 magnifiques enfants, 14 petits-enfants, 2 arrière-petits-enfants auxquels 2 autres viendront s’ajouter dans les prochains mois. Il avait raison d’être fier, comme nous avons raison d’être fiers de lui et d’être ses descendants.
Comment résumer une vie de 92 ans sinon avec des mots simples et en utilisant une image qui nous ramène à ses origines, là où tout a commencé : un homme solide et droit à l’image de la grande allée bordée d’arbres de la maison familiale de la route 132.
Au revoir papa.
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