Hommage à Grand-Papa
Homme de cœur,
Homme d’honneur,
Homme de parole,
Homme aux racines profondément ancrées,
Tu es, grand-papa, le père qui a su inculquer à ses enfants et petits-enfants, le sens de l’équilibre, du bonheur de vivre et de l’importance de la famille.
Malgré ton peu d’années de scolarité, tu as toujours su élever le sens de ton discours, l’importance de tes idées et principes, comme si tu étais un homme de lettres. Tel un maître, tu nous as transmis le goût de la lecture et de la critique constructive.
Curieux de l’actualité nationale et internationale, tu réussissais à nous démontrer combien tu étais avide de savoir. Nos discussions, autant politique, religieuse, économique et sociale, faisaient partie de nos soupers de famille. Grand-papa, si tu étais né dans la présente décennie, tu aurais été un homme d’avant-garde, un internaute, peut-être.
Curieux aussi de savoir que tout ton petit monde, tes gendres, tes belles-filles, tes petits-enfants étaient heureux, planifiaient de beaux projets, et débordaient d’ambition.
La vie a fait que tu as été un homme de nature, un préservateur des forêts, de ces arbres qu’il te faisait peine à couper, de l’importance que tu accordais à la vie. Pour faire de ta vie et celle de grand-maman ce qu’elle a été, tu t’es exilé en Ontario; après ton mariage, pour être plus près de ta belle, tu as travaillé à ta ferme, avec effort, sans jamais oublier tes arbres. Pendant tes rares après-midi de congé, ton repos t’amenait dans la forêt. Et on soupçonne que tu te couchais sûrement au pied d’un arbre!!!!
Nous, tes petits-enfants, on a galopé sur tes épaules, on a joué de la cachette, on a mangé des sucreries. Tu nous as bercés, chanté des chansons, amenés en forêt, fais corder du bois. Ces souvenirs ont marqué notre enfance et nous t’en remercions.
Ton départ nous a surpris. Tu ne voulais plus vivre sans pouvoir aller marcher, et regarder la nature. Tu disais souvent que tu rêvais de tes longues cordes de bois, lorsque tu travaillais avec tes frères en Ontario.
Alors, grand-papa, on te laisse partir. Tu seras toujours dans nos cœurs. De plus, l’endroit que tu as choisi pour ton repos éternel est sous un bel arbre. Nous irons te visiter et à la vue de chaque arbre, le nom de Charlotte nous viendra en tête.
Au nom de grand-maman, de Lise, Henriette, Normand, Jacques, Gratien et Silvie, de tes frères, de tes sœurs, beaux-frères et belles-sœurs, de tes petits-enfants et de tous tes amis, nous te souhaitons un beau voyage et nous t’envoyons tout notre amour.
Au revoir, grand-papa.
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VENDREDI DERNIER
Une lumière s’est éteinte sur la terre vendredi dernier,
Une autre s’est allumée au paradis pour mon père,
Oui, une autre s’est allumée au paradis pour mon père, car il est croyant, croyant et chrétien
Chrétien, mais pas comme Jean…. qu’à entendre son nom, il lui poussait de l’urticaire.
Malgré l’engagement politique qu’on lui connaissait, il a décidé qu’il ne voterait pas pour l’élection en cours. Il a probablement dit que ça n’en valait pas le coût.
Il y a un coin de paradis qui lui a été réservé, peut-être qu’il vous en a déjà parlé, vous savez, c’est une grosse "thalle" d’épinettes qu’il avait aperçue le long de la rivière, près du pont du 8 Milles.
C’est sûr que dans un prochain rêve, lorsque vous le verrez, il va être là… Assis sur une souche, en train d’aiguiser sa chaine, le sourire en coin.
MAUDIT QU’IL AIMAIT LE BOIS
C’est difficile de parler de lui comme s’il n’était plus là. Il me semble qu’il a toujours été là. Pour toutes les raisons.
Il avait des opinions sur tout, le prix des tomates, la température, la culture….et l’agriculture.
Je me rappelle de lui comme d’un homme heureux, souriant. Je ne me souviens pas l’avoir vu morose, abattu. Il m’avait dit une fois, « c’est toujours plus facile quand tu es croyant »; la pensée toujours positive, et une veille joke à raconter.
Je crois que mon père a vécu comme les gens de sa génération, une vie pas toujours facile, mais une belle vie, une vie riche, une vie avec des valeurs; un homme de valeurs comme travail, famille, honnêteté. Aussi un homme de valeurs comme tarte au sucre, confitures de petites fraises et de crème fraîche…
COMME IL AIMAIT ÇA MANGER
Je crois qu’une des valeurs les plus importantes qu’il a pu transmettre, c’est le goût de l’ordinaire, du quotidien. Vous savez, les petites choses qui font du bien comme une marche dans le bois, une tasse de thé.
En résumé, il a fait les choses qu’il voulait, entouré des gens qui l’aimaient, le respectaient, et ce, jusqu’à la fin.
Au revoir, Papa
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